Ceuta : la Moncloa tranche pour Marlaska contre Robles
Selon El Mundo, repris le 26 août 2026 par Deia, la présidence du gouvernement (la Moncloa) a tranché en faveur du ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska et désavoué publiquement la ministre de la Défense Margarita Robles sur le dossier du CNI et de Ceuta. Le point de départ du conflit, lui, est détaillé par El Independiente : le 25 août devant le Congrès, Robles a affirmé que le renseignement (CNI) avait informé la Délégation du gouvernement à Ceuta, le 29 juillet, d'un appel à entrer à la nage dans la ville le lendemain. Le même El Independiente rapporte la version opposée de Marlaska, qui soutient qu'aucun rapport du CNI, ni avant ni après, n'a annoncé une entrée massive. Un élément que le journal ajoute et qui pèse lourd : la Délégation du gouvernement à Ceuta a elle-même démenti avoir reçu un tel avertissement.
De leur côté, El Plural et Mundiario lisent ce désaveu comme la mise en évidence d'une "guerre interne" à l'exécutif, avec un isolement politique croissant de Robles. El Español va dans le même sens en citant des sources de la Moncloa qui jugent sa position intenable et estiment qu'elle a été mise en minorité, sans envisager pour l'instant démission ou limogeage. La Vanguardia, elle, a titré le 27 août "La ministra de Defensa, a los pies de los caballos", une expression qui décrit une ministre livrée à son sort. À rebours de cette tonalité, Moncloa.com rapporte la tentative d'apaisement du porte-parole socialiste au Congrès, Patxi López, qui a déclaré le 26 août que "les deux versions peuvent être vraies", celle de Robles comme celle de Marlaska.
Pour le contexte, Mundiario rappelle que la crise a démarré fin juillet 2026 et donne, le 27 août, l'ampleur du dossier : l'exécutif évalue les entrées à Ceuta dans une fourchette de 70 000 à 80 000, un chiffre revu à la hausse au fil des jours et que le média juge incertain, faute de registre fermé. Le même journal précise que la Fiscalía de Menores recense 1 475 mineurs migrants filiés, dont environ 1 400 répartis dans 15 structures d'accueil et près de 300 filles prises en charge par des collectifs de voisinage, soit un millier de mineurs de plus qu'avant le 31 juillet. Mundiario note aussi que le gouvernement affirme un retour au Maroc de plus de 90% des personnes entrées, là encore sans registre chiffré définitif. El Independiente avait signalé dès le 11 août que Robles s'était démarquée de Marlaska et d'Albares et annonçait sa comparution au Sénat sur la crise ceutie.
Si le sujet remonte aujourd'hui en tendance en Espagne, c'est que l'arbitrage de la Moncloa transforme une querelle de chiffres et de calendrier en fracture politique visible au sommet de l'État. Deux incertitudes restent entières, et aucune des sources ne les tranche : le nombre exact d'entrées à Ceuta varie selon les bilans (environ 50 000, puis 72 000, puis la fourchette officielle de 70 000 à 80 000), et il n'est pas établi si le CNI a bien transmis un rapport écrit formel avant le 30 juillet. Les versions de Robles et de Marlaska demeurent contradictoires, sans qu'aucune source officielle indépendante ne les ait départagées.
Sources : El Independiente, El Mundo, Deia, El Plural, Mundiario, Moncloa.com, El Español, La Vanguardia, Google Trends.
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